Author: Josué

  • Traversée du Caucase (Arménie)

    L’Arménie fut le dernier pays que j’ai visité durant mon voyage des Alpes au Caucase. Ce fut aussi le dernier pays dans lequel je pouvais raisonnablement entrer ; l’Azerbaïdjan et l’Iran n’étant plus des options possibles pour moi à ce moment. Les contraintes aident souvent à structurer un projet : le fait d’avoir trois semaines pour rouler à travers l’Arménie m’a permis de visiter ce magnifique pays en prenant le temps, sans avoir cette voix intérieure qui me dit souvent : “et si tu allais encore plus loin?”.

    Itinéraire

    Je me suis largement inspiré d’un itinéraire existant sur bikepacking.com (Caucasus crossing Armenia) en adaptant certaines parties, notamment le début qui est décrit comme 80% de “hike a bike”. Pour le reste, il s’agit d’un itinéraire très montagneux avec une majorité de terrain non-asphalté, permettant de découvrir la nature sauvage de l’Arménie. Vous trouverez mon tracé sur ma collection Komoot “Crossing Armenia“.

    Parcours de ma traversée de l’Arménie du nord au sud, effectuée en août 2025. Environ 1000 km et 21’000 m de dénivelé en 14 jours. Tracé disponible sur Komoot : https://www.komoot.com/collection/3778342/-crossing-armenia-done

    Des montagnes, toujours des montagnes

    L’Arménie est un pays très montagneux, de loin celui dans lequel j’ai fait le plus de dénivelé durant ce voyage. La majorité du territoire se trouve à plus de 1000 m d’altitude et mise à part la plaine de l’Ararat, aucune région n’est véritablement plate. Je retiendrai deux étapes qui m’ont particulièrement marqué par leur beauté. La première dans le parc national de Dilijan, surnommé la “mini-Suisse”. En effet, les montagnes boisées et les lacs m’ont rappelé un peu mon pays. Mais la deuxième partie de l’étape allait présenter des paysages moins familiers pour moi : des steppes montagneuses qui font la beauté de l’Arménie. Cette étape ne fut pas particulièrement longue (50 km), mais avec 2000 m de dénivelé dans du terrain technique où il faut parfois se frailler un chemin à travers la végétation qui a repris ses droits, ça m’a quand même pris la journée.

    Camping en montagne au-dessus du lac Sevan, à 2100 m d’altitude.

    La deuxième étape que je retiendrai en Arménie fut probablement une des plus belles et plus dures de mon voyage. Je suis remonté du lac Sevan à 2000 m d’altitude jusque dans le massif de Gegham à 3200 m, point culminant de mon voyage sur deux roues. La première partie de cette étape fut une “simple” montée jusqu’au lac Akna à 3000 m. Ça m’a pris 4h à suivre des pistes qui parfois n’existaient plus vraiment, à me réorienter et à pousser le vélo sur de nombreuses sections pas vraiment roulables. Une fois en haut, le reste de l’étape fut à couper le souffle avec des paysages faits de steppes, quelques troupeaux de moutons et leurs protecteurs canins qui font du zèle avec les cyclistes (gentil le toutou, gentil !). J’ai également traversé quelques habitations, faites essentiellement de tentes et croiser le chemin d’un cavalier. Sans y être allé, ces paysages m’ont fait penser à l’Asie centrale et ça ne m’a que motivé à y aller un jour. J’ai eu pas mal de peine à trouver de l’eau sur le reste de l’étape et j’étais content d’avoir pris 5 L avec moi au lac Akna. Après avoir passé le point culminant à 3200 m, j’ai encore roulé avec la lumière du coucher du soleil avant d’installer mon bivouac le plus loin du dernier troupeau rencontré. Après une expérience d’un réveil à 5h du matin par des chiens de bergers manifestement mécontent de ma présence sur leur terre, j’essaie de passer la nuit à l’écart de toute potentielle présence de canidés. Toutefois leurs hurlements une fois la nuit tombée rappelle qu’ils ne sont jamais loin.

    Presque arrivé au lac Akna, le chemin est encore assez clair ici.
    Quelques moutons retardataires au soleil couchant.

    Jusqu’à la frontière avec l’Iran

    Ce fut difficile pour moi de choisir où allait se terminer cette aventure. J’ai toujours aimé terminer un voyage par un lieu géographiquement particulier : un cap, un détroit, une péninsule. En regardant les frontières de l’Arménie, on se rend compte que le sud est comme une péninsule entourée de l’Azerbaïdjan dont les frontières sont fermées (non seulement avec l’Arménie, mais avec tous ses autre pays frontaliers, du moins pour y entrer par voie terrestre). La situation en Iran étant malheureusement devenue compliquée en cet été 2025, ce n’était plus une option non plus pour moi. Arriver à l’extrême sud de l’Arménie représentait comme un cap géopolitique et ça avait du sens d’y terminer mon voyage. Je reste néamoins profondément intéressé par l’Iran et espère pouvoir y voyager à vélo un jour.

    Vue depuis le Gomarants pass (2260 m) en direction du sud-ouest.

    Les dernières étapes jusqu’à Meghri, ville la plus méridionale de l’Arménie, furent très variées. Le paysage étant tantôt semi-aride, tantôt beaucoup plus vert. Le terrain quand à lui était extrêment montagneux, j’avais un peu l’impression de terminer la route des grandes Alpes. Le dernier col avant de descendre sur la rivière Araxe, marquant la frontière avec l’Iran, offre un magnifique contraste entre le côté nord très boisé et le côté sud semi-désertique.

    Une fois arrivé à Meghri, il fallu songer au retour. J’ai d’abord essayé de négocier de prendre mon vélo dans un “marshrutky”, ces minibus qui assurent le transport public à travers le pays. Celà n’ayant pas fonctionné, j’ai essayé de faire du stop en espérant me faire prendre par un cammioneur. Après 1h, je me suis résigné à rouler jusqu’à Kapan, la prochaine grande ville plus au nord. Malgré la fatigue, j’étais content à l’idée de passer par un autre col qu’à l’aller (le Thashtun pass à 2535 m). Ça m’a aussi permit de me rendre compte à quel point l’extrême sud de l’Arménie est isolée du reste du pays. Les deux dernières étapes jusqu’à Erevan me permirent de découvrir le vin arménien et de le comparer avec le vin géorgien (je ne trancherai pas sur cette question épineuse).

    Col de Tashtun (2535 m) reliant Meghri (640 m) à Kapan (800 m).

    La culture arménienne

    Les monastères

    L’Arménie est connue pour être le premier pays à avoir adopté le christianisme comme religion d’état au IVe siècle. Il n’est donc pas étonnant d’y trouver d’anciens monastères datant de cette époque. Ils ont une place centrale dans le patrimoine culturelle et religieux d’Arménie et figurent parmi les lieux les plus visités. Souvent perchés au sommet d’une petite route de montagne, je n’ai pas visité tous les monastères qui se trouvaient sur mon chemin, mais ai sélectionné ceux qui me paraissaient le plus intéressant. Le monastère de Noravank, entouré de structures rocheuses rougeâtres, a été le plus impressionnant à visiter pour moi.

    Monastère de Noravank dans la région de Vayots Dzor, très connue pour son cépage “Aréni noir”.
    Monastère de Tatev dans la région de Goris. “Fun fact”, il est accessible par le plus long téléphérique du monde (5752 m), surplombant le canyon de Vorotan d’une profondeur de 500 m.

    La musique

    Une des raisons pour laquelle l’Arménie m’intéressait autant fut la musique de Tigran Hamasyan. Pianiste de jazz “à la base”, sa musique incorpore des couleurs du folk arménien et des rythmes du rock progressif. La capitale Erevan m’a permis de découvrir plus la scène musicale arménienne actuelle, entre jazz et musique classique orientale. Le musicien d’origine arménienne le plus connu est probablement Charles Aznavour (de son vrai nom Aznavourian). Une véritable star en Arménie, on trouve souvent des statues à son effigie et il n’est pas rare d’entendre sa musique à la radio.

    Buste de Charles Aznavour à Jermuk, aucune inscription n’est nécessaire tant la caricature est bonne.

    L’hospitalité arménienne

    Durant mon voyage, j’ai toujours été accueilli les bras ouverts et à partir de la Turquie, cette hospitalité s’offrait à moi spontanément. Je ne ferai pas un classement des pays qui m’ont été le plus accueillant, mais terminer mon voyage en Arménie m’a vraiment fait chaud au cœur J’en veux pour exemple deux petites anecdotes. Assis au bord du lac Sevan, il n’a pas fallu 2 min pour qu’une famille m’apporte de la pastèque, du melon, du pain, du fromage et un café, partageant ainsi avec moi leur pic-nic sans rien attendre en échange. Un soir, alors que je cherchais un lieu pour planter ma tente, une famille m’a proposé de m’installer dans leur jardin. J’ai été rapidement invité à table pour ce qui était une grande réunion de famille annuelle. Je me suis ainsi “incrusté” dans ce qui était un moment privilégié pour eux, mais sans jamais le ressentir comme tel. L’allemand et le français m’ont permis de communiquer avec une partie de la famille vivant en Allemagne et en France, permettant des échanges plus profonds que ce que mes 3 mots d’arméniens et google translate ne le permettent. En inversant les rôles et les nationalités, je ne suis pas sûr que ces situations auraient eu lieu en Europe de l’ouest, mais j’espère me tromper. Je me suis souvent posé la question de l’origine de cette hospitalité qu’on retrouve dans cette région du monde. Un héritage des routes de la soie ou des peuples (semi-) nomadiques ? Peut-être, encore faut-il le préserver à travers les générations et s’ouvrir à l’autre en simple humanité, sans rien attendre en retour, car c’est bien ça l’hospitalité sincère.

  • Traversée des Alpes dinariques 

    Je viens de terminer la deuxième partie de mon voyage jusqu’au Caucase : la traversée  des Alpes dinariques, qui s’est enchainée après les Alpes, sans véritables étapes de plaine entre les deux. Les Alpes dinariques m’ont offerts des parcours relativement vallonnés avec en moyenne 1500 m de dénivelé par 100 km. Mais surtout, elles m’ont permis de découvrir des pays, cultures et paysages que je ne connaissais que très peu avant. Je ne peux que confirmer l’hospitalité, la bienveillance et la générosité qui règne dans les Balkans. 


    Croatie : mer, neige et Bora

    La plus belle partie de la Croatie fut pour moi la chaîne du Velebit. Alors que je commençait la première ascension, il me semblait que les sapins plus haut avait l’air enneigés. Après 200 m de montée, la pluie devenait de la neige mouillée. Malgré le froid, j’aime tellement la neige qu’un grand sourire s’est dessiné sur mon visage. Au premier refuge, je rencontre un cycliste allemand. On a rapidement fait un feu, du thé et partagé un bon moment de convivialité avec son père et son frère qui sont arrivés peu après. Il m’a surtout indiqué que dans 20 km, il y avait un refuge dont il avait deviné le code de la boîte à clé : 1234. Il était déjà 16h et je me suis dit que ça serait une bonne option pour la nuit. J’étais très content de trouver ce refuge et de pouvoir m’y réchauffer au sec. Un groupe de randonneurs hongrois arrivé à la tombée de la nuit était également content de trouver ce refuge ouvert. Nous avons partagé une soirée très sympa dans cette cabane de laprovidence. Le lendemain, le ciel était bien dégagé avec la Bora qui soufflait fort et des chevaux sauvages qui courraient sur la chemin.

    Bosnie et Herzégovine : la spontanéité 

    Une chose que je réapprend durant ce voyage, c’est d’être spontané et de vivre au jour le jour. Je ne sais généralement pas le matin où je vais dormir le soir. Cela ouvre des portes qu’un voyage tout planifié ne permettrait pas. En arrivant dans la ville historique de Mostar, j’ai demandé à un passant qui parlait anglais où je pouvais trouver un café sympa. C’est ainsi qu’il me proposa de venir avec lui et de fil en aiguille, j’allais passer la soirée et être hébergé par Mauricio et ses amis, un mexicain qui enseigne l’économie dans une école internationale à Mostar. Si on m’avait dit ça le matin, je n’y aurais pas cru. 

    Le lendemain, j’ai rencontré des bernois avec lesquels j’ai continué jusqu’à Sarajevo où nous avons passer deux jours pour visiter cette ville qui était le premier gros objectif de mon voyage. Il n’y a que la spontanéité qui permet de telles rencontres. 

    Monténégro : réconciliation avec les chiens

    On m’avait beaucoup averti des chiens dans les Balkans. Ma première mauvaise expérience est arrivée en Croatie alors que 6 chiens errants sont arrivés de front. Je suis descendu du vélo et ai essayé de l’utiliser comme barrière, mais ils m’ont rapidement encerclé et l’un d’eux essayait de mordre dans mes sacoches. L’étape suivante aurait été mes mollets. Comme la situation continuait d’escalader, j’ai essayé la technique de la pierre. Il m’a suffit d’en prendre une pour qu’ils se calment et partent. Je n’aurais pas osé la lancer, mais ça montre qu’on leur a malheureusement déjà lancé des pierres.

    La deuxième mauvaise expérience est arrivée en bivouac avec mes compagnons de route bernois. Des chiens de bergers sont arrivés à 5h du matin autour de la tente, ont aboyé et grogné. Je ne comprends pas le dialecte bosniaque des chiens, mais quand ils sont venus pour la deuxième fois, ça devait vouloir dire quelque chose du style: “si on doit revenir une troisième fois, on déchire les tentes et vous mord les mollets”. Clairement nous étions sur leur territoire et ils ont fait leur travail, nous avons plié bagage rapidement. 

    Après ces mauvaises expériences, j’avais vraiment un peu peur à chaque fois que je passais vers un troupeau où il y avait des chiens de bergers. Mais il a suffit d’une bonne expérience pour me réconcilier avec les chiens. Alors que je roulais en fin de journée pour aller bivouacer en montagne, une chienne m’a suivit sur plusieurs kilomètres, sprintant dans les descentes pour ne pas me perdre. Elle m’a accompagné jusqu’à mon bivouac me tenant compagnie sans rien demander de plus. J’ai compris en regardant son collier et en discutant par après avec des locaux, qu’elle vient d’un village 15 km plus bas et qu’elle est arrivée il y a 3 jours avec un autre cycliste. J’ai aussi entendu d’une cycliste qu’elle avait été suivie par cette chienne sur une longue section de montagne. Je garde cette belle image d’une chienne qui accompagne les cyclistes en montagne, leur tient compagnie et les protège des autres animaux, sans rien demander en retour si ce n’est qu’une présence humaine et l’ambiance d’un bivouac sauvage.

    b

  • Riding the Human Fish gravel race

    When planning my bikepacking trip to the Caucasus, I was thinking it would be fun to join a race on the way. Just because I like racing, the atmosphere that goes with it, the people you meet, the beautiful landscapes you discover. 

    So I looked at which race would fit my itinerary and dates and found the Human Fish gravel stage race, a 3-stages gravel event in the heart of the Julian Alps in Slovenia.

    Obviously, I knew I couldn’t make it a serious race objective, at least not with the setup and mindset I had for this long trip. However, it was an experience I was willing to try. 

    At the beginning of the race, I seriously thought it was a stupid idea: what if I crash, this could potentially ruin my whole trip. But as one says, « life begins where fear ends ».  And this is how I see my current adventure. Not taking unnecessary risks, but enjoying it to the fullest, trying to free the mind from fears and expectations. 

    My luxury suite during the race at river camping Bled.

    It turned out to be one of the best highlights of my trip so far. The three stages feature breathtaking views in the heart of the Julian Alps on beautiful gravel roads. It was also a great opportunity to get to know the local community of gravel riders. In terms of how my body reacted, I sure was tired after the race, but I left with a lot of positive energy from the great experience and people I met. Would I do it again? Maybe with a more race-ready mindset. But be sure I will come again to Slovenia for cycling. 

  • Traversée des Alpes

    Après 1300 km à travers les Alpes, principalement suisses et autrichiennes, je suis arrivé en Slovénie, qui sera le dernier pays alpin de mon voyage. 

    Parcours effectué à travers les Alpes entre le 2 et 14 mai 2025.

    Cette première partie aura compté 5 cols principaux : le Simplon, la Maloja, le Gerlospass, le Sölkpass et le Seebergsattel. Ces cols m’auront permis de passer dans 6 bassins versants différents : celui du Rhône, du Tessin, de l’Inn, de l’Enns, de la Drava et de la Sava. Ces 4 dernières rivières se jetant toutes dans le Danube, c’est dire à quel point ce fleuve draine pratiquement toutes les Alpes orientales. 

    Camping avec vue sur le Niedere Tauern. Photo : Bernhard Kalteis.

    C’est ma 3e “traversée des Alpes” à vélo et la première au mois de mai ; la plupart des grands cols alpins étant encore enneigés, je me suis contenté des cols en dessous d’environ 2000 m. C’est surtout ma première traversée au sein d’un long voyage et j’ai donc l’impression d’avoir eu en quelque sorte un “amuse-bouche”, qui fut pimenté d’une météo froide et pluvieuse sur une bonne partie. Je retiens pourtant surtout le soleil du début et de la fin. Je retiens également les belles rencontres, surtout parmi les hôtes de Warm Showers qui m’ont accueilli, notamment en Haute Engadine après après une fin d‘étape sous la pluie.

    Passage de la Maloja sous la pluie.

    La partie autrichienne de cette traversée des Alpes m’a permis de partager trois belles étapes avec un ami que j’ai rencontré durant mon Erasmus à Vienne. L’occasion de renouer une amitié qui ne s’est pas perdue avec le temps et la distance et de passer de beaux moments à vélo. 

    Sölkpass, magnifique col dans une vallée très peu fréquentée. Photo: Bernhard Kalteis

    Après quelques jours pour explorer les Alpes juliennes autour de Bled, la suite de mon aventure se poursuivra en direction du sud où je rejoindrai l’itinéraire de la TransDinarica à travers les Balkans. 

  • The threshold mile

    On dit souvent que le plus dur c’est de partir, le fameux “threshold mile”. Le passage de la porte, que l’on ferme pour un long moment. En fait, je me réjouissais de ce moment et je ne l’ai pas vraiment vécu comme quelque chose de dur. Peut-être car je n’ai pas tout quitté. Au final, dans 4 mois ma vie sera de nouveau comme avant, avec une belle expérience en plus. Aussi, j’ai commencé en douceur, accompagné par des amis, David puis Arnaud, jusqu’au Tessin, où j’ai été magnifiquement accueilli par mon frère, ma sœur et leur famille. Cette petite halte au Tessin et les beaux moments passés avec mes nièces et neveux m’ont donné plein d’énergie. Il en faudra pour la suite. 

    Départ de Morges le 2 mai.

    Je suis entré aujourd’hui en Autriche où va se poursuivre ma traversée des Alpes jusqu’en Slovénie. Je serai accompagné deux jours par un ami de mon Erasmus à Vienne avant de continuer définitivement seul. C’est peut-être là que le “threshold mile” se fera vraiment sentir. Le moment où je quitterai les Alpes pour entrer dans les Balkans. Le moment où je quitterai des langues que je parle pour en découvrir d’autres que je ne maîtrise pas du tout. Le moment où l’ouverture à l’Autre se fera en toute simplicité, sans chichis. C’est dans ces moments que l’humanité se fait vraiment sentir. 

    L’aventure est donc bien lancée et je me réjouis d’en vivre chaque instant. 

  • Derniers préparatifs

    On compte les jours, on se réjouit, on oscille entre excitation et stress et tout d’un coup, c’est déjà là. Bref, le processus standard avant un long voyage. Pour ma part, ce qui m’a le plus “rassuré”, c’est d’avoir une packing list prête à l’avance et de déjà tout mettre de côté. Ça réduit l’ensemble des possibles, ça libère un peu l’esprit. Et puis on fait des photos des affaires, pas juste pour les partager ou en souvenir, mais pour bien tout visualiser.

    Il y a aussi le matériel de réparation. On essaie de prévoir tous les “et si …”, mais au final, il faut surtout compter sur sa capacité à trouver des solutions et sur les gens qui seront là pour nous aider. C’est souvent dans les moments de galère qu’on fait les meilleures rencontres. Ma liste de réparation se base beaucoup sur des listes existantes, des conseils d’ami.e.s et sur ma propre expérience. De toute manière, il te manquera toujours le petit outil que t’as décidé de ne pas prendre, ça fait partie du jeu.

    À partir de là, les dés sont lancés, les prochaines semaines me diront le résultat. Dans tous les cas, je me réjouis énormément de commencer cette aventure, et de la relater dans ce blog.

  • Current trip

    Current trip

    I’m currently on a 4-months sabbatical with a simple project in mind: take my bike, leave home and head east to discover new landscapes and cultures. Because the voyage is the goal itself, I did not set a specific final destination, but I have a general plan: ride from the Alps to the Caucasus Mountains to connect the two highest mountain ranges in Europe.

    This blog is a collection of thoughts, emotions and human experiences. I hope you will enjoy reading it and, who knows, it might give you ideas for your next adventure.

    A possible route from the Alps to the Caucasus Mountains passing through the Dinaric Alps and Turkey.
    Bike and bags setup for the trip